Le rendement moyen des unités de compte dans les contrats d’assurance-vie français a atteint 6,2 % en 2025, tandis que le premier semestre 2026 enregistre un mouvement d’arbitrage net de 4,3 milliards d’euros vers les fonds en euros.
La performance des supports en unités de compte en 2025 s’explique par la hausse des marchés actions européens et américains, combinée à une inflation maîtrisée en zone euro. À titre de comparaison, le rendement moyen des fonds en euros la même année s’établissait à 2,8 %, soit un écart de 3,4 points. Or, ce différentiel se réduit en 2026 : les projections de la Fédération française de l’assurance tablent sur un rendement moyen des fonds en euros autour de 3,1 % pour l’année en cours, porté par la remontée des taux directeurs de la Banque centrale européenne entre 2024 et début 2026.
Arbitrages massifs vers les fonds en euros au premier semestre
Selon les données publiées par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, les assurés ont réorienté 4,3 milliards d’euros nets depuis les supports en unités de compte vers les fonds en euros entre janvier et juin 2026. Ce mouvement intervient après une phase de volatilité accrue sur les marchés obligataires européens, liée aux anticipations de révision budgétaire en Allemagne et en Italie. Les contrats multisupports concentrent 68 % de ces arbitrages, contre 32 % pour les contrats monosupports à gestion pilotée.
La répartition moyenne des encours d’assurance-vie français fin mai 2026 s’établit à 62 % en fonds euros et 38 % en unités de compte, soit un recul de deux points pour les UC par rapport à décembre 2025. Cette réallocation traduit un arbitrage prudentiel : les ménages privilégient la garantie en capital face à l’incertitude macro-économique, tout en conservant une exposition partielle aux marchés via les UC pour bénéficier d’un rendement potentiellement supérieur à l’inflation, anticipée autour de 2,1 % par l’INSEE pour 2026.
Stratégies d’allocation pour la fin d’année
Les conseillers en gestion de patrimoine recommandent une approche différenciée selon l’horizon de placement. Pour un assuré de moins de 50 ans avec un horizon supérieur à dix ans, maintenir une allocation à 60-70 % en unités de compte reste cohérent, à condition de diversifier entre actions, obligations et supports immobiliers (SCPI, OPCI). Au-delà de 60 ans, une part de 40 à 50 % en fonds euros sécurise le capital tout en permettant une valorisation progressive des UC en cas de reprise des marchés au second semestre.
Reste que l’arbitrage entre fonds euros et UC dépend aussi du profil fiscal du souscripteur. Pour un contribuable soumis au taux marginal d’imposition de 41 % ou 45 %, l’avantage de l’assurance-vie réside dans le régime de prélèvement forfaitaire libératoire applicable aux rachats après huit ans d’ancienneté : 7,5 % après abattement de 4 600 euros (personne seule) ou 9 200 euros (couple). Dans ce cas, une allocation majoritaire en UC maximise le potentiel de valorisation à long terme, tout en bénéficiant d’une fiscalité avantageuse lors du rachat partiel.
Assurance-vie, simuler 10 000 euros sur 10 ans et comparer les supports en 2026
Les assureurs proposent désormais des contrats avec option de sécurisation automatique des plus-values : dès qu’un seuil de performance est franchi (par exemple +5 % sur un support UC), une quote-part est transférée vers le fonds euros. Cette mécanique, déployée par une dizaine d’acteurs majeurs depuis 2024, vise à limiter l’exposition au risque de marché sans intervention manuelle de l’assuré.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision patrimoniale.
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