Les unités de compte surperforment les fonds euros en 2025 avec un rendement moyen de 7,8 % contre 2,1 %. Une prime de risque qui soulève la question de l’arbitrage pour les épargnants prudents en 2026.
Le rapport de force entre fonds euros et unités de compte en assurance vie s’inverse à nouveau. En 2025, les supports en unités de compte ont affiché un rendement moyen de 7,8 %, selon les données consolidées des principaux assureurs publiées début 2026. Les fonds euros, eux, stagnent autour de 2,1 % net de frais de gestion. Un écart de 5,7 points qui ravive le débat sur l’allocation d’actifs dans les contrats multisupports.
Cette surperformance n’est pas une anomalie conjoncturelle. Elle reflète la progression des indices actions en 2025, portée par le rebond du secteur technologique américain et la résilience des valeurs européennes de la santé. Mais elle s’accompagne d’une volatilité moyenne de 12 % sur l’année, contre une stabilité totale pour les fonds euros garantis en capital. Le rendement double, le risque quadruple.
Volatilité et perte en capital, ce que masque le rendement moyen
Un rendement de 7,8 % en moyenne ne signifie pas que tous les épargnants ont gagné 7,8 %. Les unités de compte sont composées de plusieurs classes d’actifs : actions, obligations, immobilier via SCPI, fonds diversifiés. Selon l’AMF, un portefeuille 100 % actions européennes a pu perdre jusqu’à 8 % entre janvier et mars 2025, avant de récupérer 16 % entre avril et décembre. Le calcul de performance annuelle lisse ces variations brutales.
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Pour un épargnant de 60 ans qui aurait arbitré 50 000 euros de son fonds euros vers des unités de compte en février 2025, la perte intermédiaire de 4 000 euros a pu générer un stress patrimonial incompatible avec sa situation. Le rendement final de 3 900 euros net ne compense pas toujours l’angoisse d’une baisse de 8 % en cours d’année, surtout si un besoin de liquidité urgent avait surgi en mars.
Les contrats d’assurance vie actuels permettent des arbitrages entre fonds euros et unités de compte sans frais dans la plupart des réseaux bancaires et mutualistes. Mais déclencher un arbitrage en pleine correction de marché revient à cristalliser une perte latente. Le timing de sortie devient alors aussi déterminant que le choix initial d’allocation.
Fonds euros à 2,1 %, une garantie qui coûte cher en opportunité
Le fonds euros reste le refuge de 60 % de l’encours total des contrats d’assurance vie français, soit environ 1 100 milliards d’euros en 2026. Son rendement moyen de 2,1 % net en 2025 se situe légèrement au-dessus de l’inflation constatée à 1,8 %. La rémunération réelle est donc positive, mais marginale. Sur un capital de 100 000 euros, la différence entre 2,1 % et 7,8 % représente 5 700 euros par an. Sur dix ans sans arbitrage, l’écart cumulé atteint 68 000 euros dans un scénario de rendement stable.
Mais ce calcul suppose que les unités de compte continuent à performer. Or, en cas de crise financière comparable à celle de 2008, les unités de compte peuvent perdre jusqu’à 30 % en quelques mois. Le fonds euros, lui, ne baisse jamais. Cette garantie en capital a un coût d’opportunité élevé, mais elle reste déterminante pour les retraités qui puisent régulièrement dans leur contrat pour compléter leurs revenus.
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Les profils âgés de 65 à 75 ans privilégient massivement le fonds euros. Ceux de 40 à 55 ans, avec un horizon de placement à 15-20 ans, peuvent absorber une correction temporaire et profiter de la surperformance actions sur longue période. L’arbitrage optimal n’est donc pas le même selon l’âge et le besoin de liquidité prévisible.
Certains assureurs proposent désormais des options de sécurisation progressive automatique : au-delà d’un seuil de performance (par exemple +10 % sur deux ans), une partie des gains en unités de compte est automatiquement transférée vers le fonds euros. Ce mécanisme limite l’exposition en phase de hausse prolongée, tout en cristallisant les plus-values acquises. Mais il ne protège pas contre une chute brutale en début de période.
La vraie question pour 2026 n’est pas de savoir si les unités de compte vont encore surperformer. Elle est de déterminer quelle part de volatilité un épargnant peut accepter sans compromettre sa stratégie patrimoniale globale. Le rendement double attire. Le risque quadruple impose une discipline d’allocation que peu d’épargnants respectent sur la durée.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision patrimoniale.
