Les frais de gestion des fonds d’investissement français ont chuté de 40 % en quinze ans. Une évolution qui change radicalement l’équation rendement/coût pour les épargnants.
Investir coûte moins cher qu’il y a dix ans. Beaucoup moins cher. Dans un contexte de taux à 3 % où chaque point de frais compte, l’Autorité des marchés financiers vient de publier des chiffres qui méritent qu’on s’y arrête. Les frais courants annuels moyens des organismes de placement collectif français ouverts au grand public se sont établis à 1,06 % en 2025, contre 1,16 % en 2024 et 1,18 % en 2023. Une tendance baissière qui ne date pas d’hier.
Quarante pour cent de baisse en quinze ans
Passons aux chiffres. Depuis 2010, les frais moyens des fonds d’actions françaises sont passés d’environ 2,3 % à 1,3 %. Pour les fonds diversifiés, ils ont reculé de 2,1 % à 1,3 %. Autrement dit, sur quinze ans, la facture moyenne a diminué d’environ 40 %. Cette baisse n’est pas anecdotique. Sur un portefeuille de 50 000 euros, un point de frais en moins représente 500 euros économisés chaque année. Sur vingt ans, à rendement brut égal, cela peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros de différence.
L’arbitrage ici devient évident pour qui sait lire un reporting annuel. Les ETF d’actions affichaient en 2025 des frais moyens de 0,33 %. Les fonds d’actions gérés activement, eux, restent à 1,37 % en moyenne, même si ce niveau est en baisse par rapport à 2024. Soit un écart de plus d’un point. La gestion active cherche à faire mieux qu’un marché de référence grâce aux choix d’un gérant. La gestion indicielle vise à suivre un indice. Ces deux approches peuvent avoir leur intérêt, mais leurs frais ne sont pas les mêmes.
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📊 Évolution des frais moyens
- Frais courants moyens (OPC français) : 1,06 % en 2025
- Fonds d’actions (2010) : 2,3 %
- Fonds d’actions (2025) : 1,3 %
- ETF d’actions (2025) : 0,33 %
- Fonds actifs actions (2025) : 1,37 %
Source : Autorité des marchés financiers
Les frais cachés de votre intermédiaire
La baisse des frais des fonds ne raconte qu’une partie de l’histoire. L’AMF rappelle que les établissements bancaires peuvent ajouter des frais supplémentaires. Pour un ordre d’achat de 5 000 euros, ils facturent en moyenne 0,58 % de commission de souscription sur les fonds qui ne sont pas gérés par une filiale de la banque, hors éventuels droits d’entrée propres aux fonds. Des droits de garde peuvent aussi s’appliquer sur ces fonds dits externes.
À l’inverse, ces frais sont généralement absents des banques en ligne, des plateformes Internet, des courtiers web et des néo-brokers. Le comparatif devient brutal. Sur un versement de 10 000 euros, 0,58 % de frais de souscription représentent 58 euros. Si vous passez par un intermédiaire traditionnel qui facture en plus des droits de garde annuels de 0,3 %, vous ajoutez 30 euros par an. Sur dix ans, cela représente 358 euros. Sur le même montant investi via une plateforme sans frais d’entrée ni droits de garde, ces 358 euros restent investis et produisent du rendement.
Ce que vous devez vérifier maintenant
Ouvrez le reporting annuel de votre assurance-vie ou de votre compte-titres. Regardez trois lignes précises. Les frais de gestion du fonds (ils doivent figurer dans le DICI ou le document d’information clé). Les frais de souscription facturés par votre banque ou courtier. Les droits de garde annuels éventuels. Additionnez ces trois postes. Si le total dépasse 1,5 % pour un fonds actions classique ou 0,8 % pour un ETF, vous payez trop cher. Côté risque, la baisse des frais ne change rien à la volatilité du sous-jacent. Mais à rendement brut identique, elle améliore mécaniquement le rendement net. C’est le seul levier que vous maîtrisez totalement.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision patrimoniale.
