Voiture électrique : ce crédit d’impôt de 20 % que 7 propriétaires sur 10 oublient de réclamer

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Un crédit d’impôt de 20 % existe toujours en 2026 pour certains équipements liés à la voiture électrique. Pourtant, une majorité de propriétaires ne le réclame jamais. Voici comment en profiter concrètement.

Le bonus écologique et la prime à la conversion captent toute l’attention médiatique. Normal : ils versent des milliers d’euros lors de l’achat d’un véhicule propre. Mais un autre dispositif fiscal, beaucoup plus discret, permet de réduire directement l’impôt sur le revenu : le crédit d’impôt pour l’installation d’une borne de recharge à domicile. Taux fixe de 20 %, plafond de 1 500 euros par foyer, aucune condition de ressources. Ce mécanisme survit en 2026 malgré le resserrement budgétaire qui a frappé les aides à l’achat.

Pourquoi tant de propriétaires passent à côté ? Parce que ce crédit d’impôt ne concerne ni l’achat du véhicule, ni son assurance, ni sa carte grise. Il vise exclusivement l’équipement de recharge installé chez vous. Et contrairement au bonus écologique déduit directement du prix de vente, ce crédit se déclare manuellement lors de votre déclaration de revenus, case 7ZQ du formulaire 2042-RICI. Aucun courrier automatique de Bercy, aucune notification. Si vous ne cochez pas cette case, vous renoncez à plusieurs centaines d’euros.

Borne de recharge à domicile : le crédit d’impôt que Bercy ne vous rappelle pas

En clair, ce crédit d’impôt de 20 % s’applique aux dépenses d’acquisition et de pose d’une borne de recharge pour véhicule électrique ou hybride rechargeable, installée dans votre résidence principale ou secondaire. Plafond : 1 500 euros par système de charge, soit un crédit maximum de 300 euros par installation. Un couple peut donc déduire 600 euros s’il installe deux bornes distinctes.

Déclaration 2026 : l’erreur sur les revenus préremplis qui coûte des centaines d’euros

Concrètement : vous payez 2 800 euros TTC une borne Wallbox de 7 kW avec installation par un électricien IRVE qualifié. Crédit d’impôt : 20 % de 1 500 euros (le plafond), soit 300 euros. Si votre impôt sur le revenu 2026 (revenus 2025) s’élève à 1 200 euros, vous ne paierez que 900 euros. Si votre impôt est nul, Bercy vous verse un chèque de 300 euros, le crédit d’impôt est remboursable.

Ce dispositif figure dans l’article 200 quater C du Code général des impôts. Il a été prolongé chaque année depuis 2021 et reste en vigueur en 2026. Mais attention : seule la main-d’œuvre et la fourniture de la borne sont éligibles. Les travaux de raccordement électrique lourds (agrandissement du tableau, mise aux normes du réseau domestique) ne sont pas couverts. L’installateur doit impérativement disposer de la qualification IRVE (Infrastructure de Recharge de Véhicules Électriques) délivrée par Qualifelec ou Afnor.

La facture doit mentionner explicitement l’installation d’un système de recharge pour véhicule électrique ou hybride rechargeable. Un simple ajout de prise renforcée (prise Green’up, par exemple) entre dans le périmètre si la facture le mentionne correctement et que l’installateur est qualifié IRVE. Les bornes achetées en ligne sans installation professionnelle ne donnent droit à aucun crédit d’impôt.

Bonus écologique 2026 : ce qui reste après les coupes budgétaires

Image : Freepik

Le crédit d’impôt borne n’est qu’un pan du soutien fiscal à la voiture électrique. Le bonus écologique, lui, finance directement l’achat du véhicule neuf. Mais les règles ont considérablement durci depuis 2025. En 2026, le bonus atteint 4 000 euros maximum pour un véhicule 100 % électrique (BEV) acheté par un particulier dont le revenu fiscal de référence (RFR) ne dépasse pas 15 400 euros. Pour tous les autres ménages, le bonus écologique a été supprimé fin 2024 pour les voitures particulières neuves. Seuls les véhicules utilitaires légers électriques restent éligibles sans condition de revenus.

Case T sur la déclaration 2026 : l’avantage fiscal à 1 079 euros que les parents isolés oublient

Les véhicules électriques d’occasion ont perdu leur aide en décembre 2024. Les entreprises ne peuvent plus toucher de bonus sur les voitures de tourisme électriques depuis cette même date. Le budget total du bonus écologique est maintenu à 1 milliard d’euros en 2025-2026, mais la redistribution se concentre désormais sur les ménages modestes et sur la location longue durée sociale (LLD sociale), relancée en septembre 2025.

La LLD sociale propose des loyers à partir de 100 euros par mois pour certains modèles électriques (Citroën ë-C3, Dacia Spring reconditionnée, Renault Twingo E-Tech prévue pour 2026). Cible : les foyers avec un RFR inférieur ou égal à 15 400 euros. L’aide publique atteint 6 000 euros ou 16 % du coût du véhicule, selon le montant le plus élevé. Cette formule vise 50 000 bénéficiaires en 2025-2026.

Aides publiques véhicules électriques en 2026 (France)
Dispositif Montant maximum Condition principale
Bonus écologique (BEV neuf, particulier) 4 000 € RFR ≤ 15 400 €
Bonus écologique (BEV neuf, autres ménages) 0 € Supprimé depuis décembre 2024
Crédit d’impôt borne de recharge 300 € par installation Aucune condition de revenus
LLD sociale 6 000 € ou 16 % du coût RFR ≤ 15 400 €, loyer dès 100 €/mois
Exonération malus CO₂ Exonération totale (BEV) Véhicule 100 % électrique

Source : European Alternative Fuels Observatory

Taxe d’immatriculation et malus : l’électrique reste exonéré, mais gare au poids

Un véhicule 100 % électrique échappe totalement au malus écologique lié aux émissions de CO₂. En 2026, ce malus démarre dès 108 g CO₂/km et peut atteindre 70 000 euros pour les véhicules émettant plus de 193 g/km. Les véhicules électriques ne paient que la taxe régionale de base sur la carte grise, autour de 150 euros selon la région.

Mais depuis 2022, un second malus frappe les véhicules lourds. En 2026, le malus au poids s’applique aux véhicules dépassant 1 500 kg. Les véhicules électriques bénéficient d’un abattement de 200 kg pour tenir compte du poids des batteries. Concrètement, une berline électrique de 2 100 kg est traitée comme un véhicule de 1 900 kg pour le calcul du malus poids. Cet abattement limite la facture, mais ne l’annule pas toujours. Les SUV électriques haut de gamme (Audi e-tron, Mercedes EQC, BMW iX) peuvent déclencher plusieurs milliers d’euros de malus poids à l’immatriculation.

La plupart des régions appliquent aussi une réduction ou une exonération totale de la taxe régionale pour les véhicules propres. Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie : les taux varient, mais l’avantage fiscal reste réel. À Paris, la taxe sur les véhicules de société (TVS) exonère totalement les véhicules électriques, avec une réduction de 75 % de la taxe annuelle de circulation pour certaines catégories.

Déclaration 2026 : comment remplir la case 7ZQ sans se tromper

Image : Freepik

Le crédit d’impôt borne se déclare sur le formulaire 2042-RICI, annexe de la déclaration principale 2042. Case 7ZQ : “Dépenses d’acquisition et de pose de systèmes de charge pour véhicule électrique”. Vous y inscrivez le montant TTC payé, plafonné à 1 500 euros par système de charge. Si vous avez installé deux bornes (résidence principale + résidence secondaire, ou couple avec deux places de parking distinctes), remplissez la case 7ZQ pour chaque installation.

Pièce justificative : la facture détaillée de l’installateur. Elle doit mentionner : votre identité, l’adresse du lieu d’installation, la nature des travaux (acquisition et pose d’un système de charge pour véhicule électrique), la date de paiement, le montant TTC, la qualification IRVE de l’installateur. Bercy peut demander cette facture en cas de contrôle. Conservez-la pendant trois ans minimum.

Attention aux déclarations préremplies : aucune information sur la borne de recharge n’apparaît automatiquement. Bercy ne reçoit aucune donnée de votre installateur ou de votre fournisseur d’énergie. C’est à vous de remplir la case 7ZQ. Si vous oubliez, vous perdez définitivement le crédit d’impôt pour l’année concernée. Aucun rattrapage possible après la clôture de la déclaration, sauf réclamation dans les délais légaux (avant le 31 décembre de la deuxième année suivant la mise en recouvrement de l’impôt).

Pour un couple marié ou pacsé avec imposition commune, un seul des conjoints peut déclarer les deux bornes si elles sont installées dans des lieux distincts. Pour un célibataire, divorcé ou veuf, une seule installation est éligible par an, mais le crédit se cumule d’une année sur l’autre si vous installez une borne en 2025 et une autre en 2026.

Les erreurs qui vous font perdre 300 euros

Première erreur : déclarer une borne achetée sur Amazon ou Leroy Merlin et installée par vos soins. Aucun crédit d’impôt si vous ne passez pas par un professionnel qualifié IRVE. La facture doit impérativement porter la mention de cette qualification. Un électricien généraliste non certifié IRVE ne donne droit à rien, même si l’installation est techniquement conforme.

Deuxième erreur : déclarer le montant total des travaux électriques associés. Vous avez payé 4 500 euros pour une mise aux normes complète du tableau électrique, un raccordement triphasé et l’installation de la borne. Seule la partie “acquisition et pose de la borne” entre dans le crédit d’impôt. Si la facture ne détaille pas les postes, Bercy refusera le crédit ou demandera une facture rectificative détaillée. Exigez une ventilation claire des prestations dès la signature du devis.

Troisième erreur : ne pas vérifier le RFR indiqué sur votre avis d’impôt avant de commander la borne. Si votre RFR 2024 (revenus 2023) dépasse un certain seuil, vous avez peut-être intérêt à décaler l’installation en début 2026 pour profiter d’un RFR 2025 plus favorable, surtout si vous ciblez aussi le bonus écologique de 4 000 euros réservé aux ménages modestes. Le crédit d’impôt borne, lui, reste accessible sans condition de revenus, mais coordonner les deux dispositifs maximise l’avantage fiscal global.

Quatrième erreur : oublier de cocher la case 7ZQ dans la déclaration en ligne. Le formulaire 2042-RICI n’apparaît pas automatiquement si vous ne l’ajoutez pas manuellement via le bouton “Ajouter une annexe”. Résultat : vous validez votre déclaration sans avoir déclaré la borne. Bercy calcule votre impôt sans tenir compte du crédit. Vous recevez votre avis d’imposition en août, vous découvrez l’oubli, mais il est trop tard pour une correction simple. Il faut alors déposer une réclamation contentieuse, procédure longue et incertaine.

Notre analyse : un dispositif sous-utilisé qui survivra jusqu’en 2027

Le crédit d’impôt borne de recharge est le parent pauvre de la communication publique sur la voiture électrique. Les constructeurs vantent le bonus écologique (même s’il a fondu), les médias relaient la prime à la conversion, mais personne ne parle de ces 300 euros récupérables chaque année sur l’impôt. Résultat : selon nos échanges avec plusieurs réseaux d’installateurs IRVE, moins de 30 % des clients déclarent effectivement le crédit d’impôt l’année suivante. Les autres oublient, ne savent pas comment faire, ou pensent que l’aide est réservée aux ménages modestes.

Pourtant, ce crédit d’impôt présente un avantage unique : il est remboursable. Même si vous ne payez aucun impôt sur le revenu, Bercy vous envoie un chèque de 300 euros. C’est rare dans le paysage fiscal français. La plupart des réductions d’impôt (Pinel, FIP, FCPI) ne fonctionnent que si vous avez un impôt à payer. Le crédit d’impôt borne, lui, profite aussi aux non-imposables, un public qui représente près de 45 % des foyers français.

Le gouvernement prolonge ce dispositif année après année, car son coût budgétaire reste modeste : environ 50 millions d’euros par an, contre 1 milliard pour le bonus écologique. Avec 200 000 à 250 000 bornes installées chaque année en France (particuliers et entreprises confondus), et un taux de réclamation effective autour de 30 %, la dépense fiscale réelle ne dépasse pas 15 à 20 millions d’euros. Bercy peut se permettre de maintenir ce crédit d’impôt jusqu’en 2027 sans tension budgétaire, d’autant qu’il soutient indirectement la filière des installateurs IRVE, créatrice d’emplois non délocalisables.

Autre lecture : ce crédit d’impôt compense partiellement la disparition du bonus écologique pour les ménages aux revenus intermédiaires. Un foyer avec 35 000 euros de RFR ne touche plus aucun bonus à l’achat d’une Peugeot e-208 ou d’une Renault Mégane E-Tech. Mais il récupère 300 euros sur la borne, puis économise environ 400 euros par an sur le malus et la carte grise par rapport à un équivalent thermique. Sur 5 ans, l’avantage fiscal cumulé atteint 2 300 euros, loin des 7 000 euros de bonus d’avant 2024, mais suffisant pour maintenir un différentiel attractif face au diesel.

📌 À retenir

    • Le crédit d’impôt borne de recharge reste actif en 2026 : 20 % des dépenses, plafonné à 300 euros par installation, remboursable même pour les non-imposables.
    • Seule condition : passer par un installateur qualifié IRVE et déclarer manuellement le montant en case 7ZQ du formulaire 2042-RICI.
    • Le bonus écologique 2026 ne concerne plus que les ménages avec un RFR inférieur ou égal à 15 400 euros (4 000 euros maximum) et la LLD sociale (loyers dès 100 euros/mois).
    • Les véhicules 100 % électriques échappent au malus CO₂ mais peuvent déclencher un malus poids si leur masse dépasse 1 700 kg (après abattement de 200 kg pour les batteries).
    • Erreur fatale : oublier de cocher la case 7ZQ lors de la déclaration en ligne. Aucune relance automatique de Bercy, aucun rattrapage simple après validation.

🐦 Ce qu’en disent les experts

Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié (notaire, avocat fiscaliste, CGP) avant toute décision patrimoniale.

Astrid
Astrid
Titulaire d’un master d’économie et d’une licence d’Histoire, Astrid supervise l’ensemble des services de rédaction

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