L’inflation remonte à 1,7% en 2026, repassant au-dessus du taux du Livret A fixé à 1,5%. Sur le terrain de l’épargne sans risque, la course au rendement réel redémarre.
Le retour de l’inflation change la donne pour les épargnants qui avaient placé leur argent sur des supports réputés sûrs. Avec une hausse des prix à la consommation de 1,7% en 2026, tout placement qui rapporte moins que ce seuil fait mécaniquement perdre du pouvoir d’achat. Le Livret A et le LDDS, à 1,5% net d’impôt, ne couvrent plus l’érosion monétaire. Les comptes à terme courts, en moyenne à 1,99% brut, tombent à 1,37% après flat tax, soit 0,33 point sous l’inflation. Dans les faits, seuls les fonds euros d’assurance-vie et les comptes à terme longs tiennent encore la barre.
Fonds euros d’assurance-vie, le seul support défiscalisé au-dessus de l’inflation
La fédération France Assureurs vient de publier le taux moyen 2025 des fonds en euros : 2,6%. L’ACPR, le gendarme du secteur, affine à 2,65%, en très légère hausse par rapport à 2024 (2,64%). Ce rendement s’entend net de frais de gestion, mais avant prélèvements sociaux et impôt sur le revenu en cas de rachat. Pour un contrat ouvert depuis plus de huit ans, avec abattement de 4 600 euros pour une personne seule, l’imposition reste marginale pour la majorité des épargnants. Sur 1 000 euros placés avant janvier 2026 au taux moyen, le gain brut atteint 26,50 euros en fin d’année, soit 0,95 point de plus que l’inflation.
À ce niveau, l’assurance-vie redevient le placement de précaution par défaut pour qui cherche un rendement réel positif sans bloquer son argent. Les meilleurs contrats affichent des taux 2025 entre 3% et 3,5%, portant le gain net d’inflation à plus de 1,3 point. Le calcul est vite fait : même en tenant compte de la flat tax sur les rachats de moins de huit ans (30%), un fonds euro à 2,6% rapporte 1,82% net après impôt, soit 0,12 point au-dessus de l’inflation, contre une perte sèche de 0,2 point sur le Livret A.
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Rendements 2026 et inflation
- Inflation 2026 : 1,7%
- Livret A / LDDS : 1,5% net
- Comptes à terme courts (moins de 2 ans) : 1,99% brut, 1,37% après flat tax
- Comptes à terme longs (plus de 2 ans) : 2,62% brut en moyenne, 1,80% après flat tax
- Fonds euros assurance-vie (moyenne) : 2,65% net de frais de gestion
Source : Moneyvox
Comptes à terme longs, le pari du blocage contre l’incertitude
Pour battre l’inflation sans risque en capital, il faut accepter de bloquer son argent deux à trois ans minimum. Les meilleurs comptes à terme affichent 2,90% brut chez Klarna ou 2,85% chez Hamburg Commercial Bank via la plateforme Raisin, soit 1,99% après flat tax. Sur la durée, cela procure un coussin de 0,29 point au-dessus de l’inflation actuelle. Mais le pari reste fragile : si l’inflation remonte à 2% ou plus d’ici douze mois, votre taux reste figé pendant toute la durée du placement. Vous perdez alors mécaniquement en pouvoir d’achat, sans possibilité de sortie anticipée sans pénalité.
La moyenne des comptes à terme de plus de deux ans s’établit à 2,62% brut en janvier 2026, soit 1,80% après flat tax. Sur 1 000 euros placés, le gain net atteint 18 euros par an, contre 26,50 euros sur un fonds euro moyen. L’avantage du compte à terme, c’est la garantie du capital et du taux dès la souscription. L’inconvénient, c’est l’absence de liquidité : impossible de récupérer son argent avant l’échéance sans perdre une partie des intérêts. En période d’inflation volatile, cette rigidité coûte cher.
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Face à une inflation remontée à 1,7%, la hiérarchie des placements sans risque se redessine. Le Livret A perd son statut de refuge universel. Les fonds euros d’assurance-vie reprennent l’avantage, à condition de choisir un contrat performant et de ne pas multiplier les rachats avant huit ans. Les comptes à terme longs offrent une alternative pour qui peut se passer de liquidité, mais exposent à un risque de taux réel négatif si l’inflation accélère. Dans tous les cas, laisser dormir de l’argent sur un compte courant ou un Livret A en 2026 revient à accepter une perte sèche de pouvoir d’achat de 1,7% par an.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision patrimoniale.
