Goodvie Generali, frais de 1,9 % et pari responsable en assurance-vie 2026

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Goodvie affiche zéro frais d’entrée et 1,90 % de frais annuels maximum. Generali commercialise ce contrat en marque blanche depuis 2024 via la fintech Goodvest, qui promet une gestion pilotée 100 % ISR et un bilan carbone affiché en temps réel. Deux ans après le lancement, 4 000 clients ont confié 35 M€ à ce contrat qui mise sur la transparence et l’impact climatique.

En clair, Goodvie ne propose ni fonds euro classique ni gestion libre. L’épargnant souscrit un mandat de gestion piloté à travers six profils de risque, investis exclusivement en unités de compte labellisées ISR. Les frais totaux oscillent entre 1,70 % et 1,90 % par an selon la grille tarifaire 2026, auxquels s’ajoutent les frais internes des supports, compris entre 0,20 % et 0,40 %. Le positionnement est celui d’un contrat premium à vocation thématique, pas d’une assurance-vie low cost traditionnelle.

Concrètement, la structure tarifaire se répartit comme suit : 0,90 % pour la plateforme Goodvest, 0,60 % pour le mandat de gestion pilotée et environ 0,30 % pour les supports eux-mêmes. Un niveau qui place Goodvie dans le haut du segment gestion pilotée responsable, au-dessus des contrats d’assurance-vie en architecture ouverte facturant 0,50 % à 0,80 % sur les unités de compte, mais en ligne avec l’offre des robo-advisors à mandat ESG. La question centrale reste celle du couple rendement-risque réellement servi, que nous abordons plus loin.

Une tarification à trois étages, pas de fonds euro

Goodvie applique une grille de frais échelonnée entre 1,70 % et 1,90 % par an sur l’encours. Aucun frais d’entrée, aucun frais d’arbitrage, aucun frais de sortie. Le ticket d’entrée s’établit à 1 000 €, versement unique ou programmé. Comparé aux contrats traditionnels des bancassureurs qui facturent 3 % à 4 % de frais sur versement et 0,60 % à 0,80 % sur les unités de compte, Goodvie bascule l’intégralité de la facturation sur les frais de gestion annuels.

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Les frais de gestion de 0,60 % pour le mandat pilotée rémunèrent la répartition d’actifs automatisée et le rééquilibrage trimestriel. Les 0,90 % restants financent la plateforme technologique de Goodvest, la sélection ISR, le reporting carbone et l’interface client. Les frais indirects, appliqués par les supports eux-mêmes, varient de 0,20 % à 0,40 % selon la nature des actifs sous-jacents : OPCVM actions labellisées ISR, fonds thématiques climat, fonds immobiliers verts.

Structure des frais du contrat Goodvie en 2026
Poste de frais Taux annuel
Frais d’entrée sur versement 0,00 %
Frais de gestion Goodvest 0,90 %
Frais de gestion pilotée 0,60 %
Frais internes des supports 0,20 % à 0,40 %
Total annuel charges comprises 1,70 % à 1,90 %
Frais d’arbitrage 0,00 %
Frais de sortie 0,00 %

Source : Ideal-investisseur.fr · Generali

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Ce niveau de 1,90 % place Goodvie au-dessus des contrats d’assurance-vie en ligne comme Linxea Spirit 2 ou Boursorama Vie, qui facturent 0,50 % sur les unités de compte hors frais de gestion pilotée. Mais la comparaison n’est pas directe : ces contrats proposent une gestion libre où l’épargnant choisit lui-même ses supports, tandis que Goodvie impose un mandat piloté intégral. La vraie concurrence se situe plutôt face aux robo-advisors comme Yomoni ou Nalo, qui affichent des frais de 1,60 % à 1,80 % charges comprises pour une gestion déléguée comparable.

Six profils de gestion pilotée, zéro fonds euro

Goodvie propose six profils de risque allant de Prudent à Dynamique. Chaque profil se traduit par une allocation actions-obligations différente, entièrement investie en unités de compte labellisées ISR. Pas de fonds euro, ni même de fonds monétaire en option de sécurisation. L’assureur Generali Vie garantit le capital versé à hauteur de zéro euro : tout repose sur la performance des marchés financiers et la qualité de la sélection ISR de Goodvest.

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Les six profils s’articulent autour d’un couple rendement-risque gradué. Le profil Prudent investit environ 20 % en actions ISR et 80 % en obligations vertes et sociales. Le profil Dynamique bascule 80 % sur les actions labellisées ISR, avec une dominante Europe et secteurs transition énergétique. Chaque portefeuille intègre une dizaine de supports : OPCVM actions thématiques climat, fonds obligataires à impact social, fonds immobiliers à label ISR ou Greenfin, fonds infrastructures renouvelables.

Le rééquilibrage trimestriel automatique maintient l’allocation cible. Si les actions surperforment et dépassent le seuil haut du profil, Goodvest arbitre vers les obligations pour revenir dans la fourchette. Ce mécanisme vise à lisser la volatilité et à conserver une cohérence entre le niveau de risque annoncé et l’exposition réelle. En pratique, cela génère des frais de transaction internes qui sont inclus dans les 0,60 % de frais de gestion pilotée, mais qui réduisent légèrement la performance brute affichée.

Depuis le lancement en 2024, Goodvest annonce avoir permis d’économiser 13 000 tonnes de COâ‚‚ via les investissements orientés climat. Ce chiffre repose sur une méthodologie d’empreinte carbone évitée, calculée par différence entre l’empreinte moyenne d’un portefeuille MSCI World standard et celle des fonds ISR sélectionnés. La fintech affiche en temps réel dans l’interface client le bilan carbone du portefeuille individuel, exprimé en tonnes de COâ‚‚ équivalent par tranche de 100 000 € investis.

Un rendement absent des chiffres publics 2026

Aucun rendement net de frais n’est communiqué publiquement par Goodvest ou Generali pour l’année 2025 ni pour le premier trimestre 2026. Les comparateurs indépendants classent Goodvie avec un score global de 48 sur 100, en dessous de la moyenne des contrats étudiés, avec une mention « rendement : ND » pour les fonds euros, faute de fonds euro proposé. Cette absence de track record public constitue un frein pour les épargnants habitués à comparer les performances historiques avant de souscrire.

Sur le papier, un profil Équilibré investissant 50 % en actions ISR et 50 % en obligations vertes devrait viser un objectif de 4 % à 6 % de performance annuelle brute, avant frais. Après déduction des 1,90 % de frais totaux, le rendement net attendu se situe entre 2,1 % et 4,1 %. Ce niveau reste inférieur aux fonds euros dynamiques des contrats traditionnels, qui ont servi entre 2,8 % et 3,3 % net en 2025, mais comparable aux unités de compte diversifiées actions-obligations classiques nettes de frais.

L’écart de performance par rapport aux contrats low cost en gestion libre tient à trois facteurs : les frais annuels plus élevés, la contrainte ISR qui réduit l’univers d’investissement, et l’absence de fonds euro pour sécuriser une partie du capital. Un épargnant qui cherche un rendement garanti supérieur à 2,5 % net devra se tourner vers des contrats proposant un fonds euro boosté ou une allocation eurocroissance, inexistants chez Goodvie.

Fiscalité classique et e-PER Generali en complément

Goodvie applique la fiscalité standard de l’assurance-vie. Après huit ans de détention, les rachats bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple. Au-delà, les gains issus des versements jusqu’à 150 000 € sont taxés à 7,5 % plus 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 24,7 % au total. Au-delà de 150 000 € de versements, le taux d’imposition grimpe à 12,8 % plus 17,2 %, soit 30 % au total.

En cas de décès avant 70 ans, chaque bénéficiaire dispose d’un abattement de 152 500 € sur les capitaux transmis. Au-delà, les sommes sont taxées à 20 % jusqu’à 852 500 €, puis 31,25 % au-delà. Après 70 ans, les primes versées restent soumises aux droits de succession classiques après un abattement global de 30 500 €, mais les gains restent exonérés d’impôt. Le conjoint ou partenaire pacsé bénéficie d’une exonération totale quelle que soit la date de versement.

Depuis mai 2026, Generali commercialise également un e-PER Generali en partenariat avec Goodvest, qui reprend la même philosophie ISR et les mêmes supports d’investissement que Goodvie. Les frais de gestion du PER s’établissent à 1,30 % par an, auxquels s’ajoutent 0,20 % à 0,40 % de frais indirects, soit un total de 1,50 % à 1,70 % charges comprises. Un niveau sensiblement inférieur à Goodvie, justifié par l’absence de frais de gestion pilotée facturés séparément dans la grille tarifaire du PER.

Le ticket d’entrée du e-PER Generali est fixé à 300 €, contre 1 000 € pour Goodvie. Goodvest prévoit d’ouvrir 2 000 contrats PER d’ici à la fin 2026. La déduction fiscale à l’entrée, plafonnée à 10 % des revenus professionnels dans la limite de 35 194 € pour 2026, constitue un avantage fiscal immédiat absent de l’assurance-vie classique. En revanche, la sortie en capital du PER est fiscalisée comme un revenu imposable, là où l’assurance-vie bénéficie du régime favorable après huit ans.

Pour un épargnant dans la tranche marginale à 30 %, un versement de 10 000 € sur le e-PER Generali génère une économie d’impôt de 3 000 € l’année du versement. Si ce même versement est placé sur Goodvie, aucun avantage fiscal immédiat, mais une fiscalité de sortie plus légère après huit ans et une liquidité totale à tout moment. Le choix entre PER et assurance-vie dépend de l’âge, du taux marginal d’imposition, de l’horizon de placement et de la capacité à immobiliser l’épargne jusqu’à la retraite.

Un pari ISR qui exclut la majorité des supports du marché

Goodvie n’offre aucune gestion libre. L’épargnant qui veut accéder à des fonds spécifiques, des ETF sectoriels, des SCPI, des fonds immobiliers non labellisés ou des titres vifs doit souscrire un autre contrat. La liste des supports disponibles se limite à une trentaine d’OPCVM sélectionnés par Goodvest selon des critères ISR stricts : exclusion des secteurs fossiles, armement, tabac, et notation extra-financière supérieure à la moyenne de l’univers d’investissement.

Cette contrainte de sélection réduit mécaniquement l’univers d’investissement et peut dégrader la performance relative par rapport à un indice actions monde non filtré. Une étude de Morningstar sur la période 2018-2023 montre que les fonds actions ISR Europe affichent un écart de performance de -0,3 % à +0,5 % par an selon les millésimes, par rapport à leur indice de référence classique. L’impact du filtre ISR sur la performance dépend fortement des secteurs en croissance au moment du placement : en 2020-2021, l’exclusion des valeurs pétrolières a dopé la performance relative ; en 2022, elle l’a dégradée.

Les frais internes des supports ISR oscillent entre 0,20 % et 0,40 %, contre 0,10 % à 0,30 % pour des ETF actions monde classiques. Cette surcharge tarifaire finance la méthodologie ESG, l’analyse extra-financière et la labellisation ISR ou Greenfin. Un épargnant qui cherche la performance brute maximale sans contrainte thématique trouvera des alternatives moins onéreuses en gestion libre, avec des ETF MSCI World à 0,12 % de frais annuels et zéro frais de gestion pilotée.

Goodvest assume ce positionnement : le contrat s’adresse à un épargnant qui accepte un coût supérieur en contrepartie d’un alignement valeurs-placements, d’un reporting carbone transparent et d’une traçabilité des investissements. Les 4 000 clients et 35 M€ collectés en deux ans témoignent d’une demande réelle, mais encore très minoritaire par rapport aux 1 800 milliards d’euros d’encours total de l’assurance-vie en France.

En mai 2026, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution a publié un rapport sur les pratiques de commercialisation des contrats d’assurance-vie à thématique ESG. Le régulateur pointe le risque de greenwashing lorsque les frais de gestion ISR dépassent 1,50 % par an sans objectif de performance extra-financière mesurable et publié. Goodvie échappe à cette critique grâce au reporting carbone en temps réel et à la méthodologie d’empreinte évitée documentée, mais reste exposé à un durcissement des exigences de transparence sur le couple coût-impact réel.

Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié (notaire, avocat fiscaliste, CGP) avant toute décision patrimoniale.

Adrien
Adrien
Ingénieur financier et titulaire d’une maîtrise en finance de marché, Adrien Jozac suit le secteur de l’épargne à Patrimoine Magazine depuis 1998.

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