Les performances 2025 des fonds en euros ont été dévoilées au printemps 2026. Corum Life affiche 4,10 %, mais certains contrats dépassent 5 % grâce aux offres bonifiées.
La publication annuelle des taux de rendement des fonds en euros conserve son statut de baromètre pour l’épargne patrimoniale française. En 2025, l’écart entre le sommet et la moyenne s’est encore creusé. Le fonds de Corum Life, majoritairement investi en immobilier américain et européen, a servi 4,10 % nets de frais de gestion. Un niveau qui dépasse de 1,80 point la moyenne du marché de l’assurance-vie en France, traditionnellement calée entre 2,20 % et 2,50 % pour les contrats multi-supports classiques. Ce qui frappe, c’est la capacité de certains acteurs à maintenir des performances au-dessus de 3,50 % sans dépendre de montages complexes ou de délais de jouissance prohibitifs.
Le tableau de tête révèle quatre contrats qui dépassent ou atteignent 3,50 % sur l’année 2025. Ampli Assurance Vie, réservé aux professions libérales et indépendants, affiche 3,75 %, avec un seuil d’entrée à 5 000 euros. Carac Épargne Patrimoine, accessible dès 500 euros, propose 3,55 %. Mon Petit Placement présente son Portefeuille Plan B à 3,50 %, versement initial de 300 euros. Ces résultats bruts représentent la rémunération avant toute bonification liée à la détention d’unités de compte.
📊 Taux 2025 des fonds euros leaders
- Corum Life : 4,10 %
- Ampli Assurance Vie : 3,75 %
- Carac Épargne Patrimoine : 3,55 %
- Mon Petit Placement (Portefeuille Plan B) : 3,50 %
- Nouvelle Génération Spirica (Linxea Spirit 2) : 3,08 %
- La Banque Postale (Cachemire Patrimoine) : 2,30 % + bonus jusqu’à +2,92 points
Source : MoneyVox
Les bonus sur UC rebattent la hiérarchie
La lecture brute des taux ne suffit plus. Les assureurs et distributeurs multiplient les offres bonifiées conditionnées à un pourcentage d’unités de compte dans l’allocation globale. La Banque Postale, dont le fonds euros a servi 2,30 % en 2025, propose sur ses contrats Cachemire une majoration allant jusqu’à +1,50 point selon la part d’UC détenue. Résultat théorique : un rendement cible de 5,22 % en 2026 si le fonds reproduit sa performance 2025. Linxea Spirit 2 propose un mécanisme similaire sur le fonds Nouvelle Génération Spirica, qui a rendu 3,08 % en 2025. Un versement minimum de 100 000 euros, investi à au moins 30 % en UC, ouvre droit à un bonus compris entre +1,10 et +1,50 point, portant l’objectif de rendement à 4,58 % en 2026.
Ces mécanismes posent une question stratégique. Un épargnant qui accepte une exposition au risque de 30 % à 50 % pour obtenir un bonus sur la part sécurisée de son contrat doit comparer ce montage avec une allocation classique incluant des SCPI ou des ETF obligataires. Sur trois ans glissants (2023-2025), Corum Life cumule 13,79 % de performance totale, soit une moyenne annualisée proche de 4,40 %. Mon Petit Placement affiche 11,19 % sur la même période. Ces trajectoires dépassent celles de nombreux contrats bonifiés dont le rendement de base reste sous les 2,50 %.
Ce que révèle l’écart de 1,80 point entre Corum et la moyenne
L’écart structurel entre le taux moyen de marché et les fonds leaders tient à trois leviers. D’abord, la composition du portefeuille obligataire. Les fonds en euros classiques sont adossés à des obligations d’État européennes dont les rendements actuariels oscillent entre 2,50 % et 3,20 % selon les échéances. Les assureurs qui ont massivement réinvesti entre 2022 et 2024, lorsque les taux étaient remontés, profitent aujourd’hui de coupons plus élevés. Ensuite, la part d’immobilier. Corum détient un portefeuille immobilier diversifié géographiquement, valorisé à prix de marché, qui génère des revenus locatifs indexés. Enfin, les frais de gestion. Un contrat qui prélève 0,60 % de frais annuels contre 0,90 % pour un concurrent offre mécaniquement 0,30 point de rendement net supplémentaire à portefeuille équivalent.
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La dispersion des taux en 2025 confirme une tendance observée depuis 2018. Le fonds euros unique, produit d’appel généraliste, sert de plus en plus de socle défensif dans une architecture patrimoniale globale. Les épargnants qui cherchent du rendement pur sur la poche garantie arbitrent désormais entre trois stratégies. Première option : sélectionner un contrat dont le fonds euros délivre structurellement plus de 3,50 % sans condition. Deuxième option : accepter une allocation mixte avec bonus, en assumant une volatilité partielle sur 30 % à 50 % de l’encours. Troisième option : sortir du fonds euros pour des supports immobiliers type SCPI, dont les taux de distribution 2025 s’étalent entre 4,91 % (moyenne de marché) et 15,27 % pour Wemo One, SCPI spécialisée en santé et stockage.
Vérifier trois points avant d’arbitrer
Avant de déplacer un encours d’assurance-vie ou d’ouvrir un nouveau contrat, trois vérifications s’imposent. Premier point : le rendement sur trois ans glissants. Un taux isolé sur une année peut résulter d’une opération ponctuelle (cession d’actif immobilier, plus-value obligataire réalisée). La régularité sur trois ans indique la solidité du modèle de gestion. Deuxième point : les conditions d’accès au taux annoncé. Certains assureurs communiquent sur un taux brut avant application des frais de gestion ou conditionné à une détention minimale d’UC. La performance nette réellement servie doit figurer dans le relevé annuel du contrat. Troisième point : la liquidité. Un contrat d’assurance-vie reste liquide par nature, mais certains fonds euros imposent des délais de traitement des rachats ou des pénalités en cas de sortie anticipée sur des supports dédiés.
Pour les patrimoines supérieurs à 100 000 euros, l’arbitrage entre fonds euros boosté et allocation mixte classique (fonds euros stable + SCPI + ETF actions) mérite un chiffrage précis. Un fonds euros à 2,30 % + bonus de 1,50 point délivre 3,80 % sur la poche garantie. Mais si ce bonus exige 40 % d’UC dont la performance attendue est de 5 % brut, le rendement global théorique du contrat s’établit autour de 4,28 %. Un portefeuille composé de 50 % en fonds euros Corum (4,10 %), 30 % en SCPI diversifiées (taux moyen 2025 de 4,91 %) et 20 % en obligations indexées inflation (rendement cible 3,50 %) affiche un rendement pondéré de 4,32 %, sans dépendre d’une offre promotionnelle limitée dans le temps.
La vraie question pour 2026 porte sur la trajectoire des taux obligataires. Si la Banque centrale européenne poursuit son cycle de baisse, les nouveaux investissements obligataires des assureurs se feront à des rendements inférieurs à ceux de 2024. Les fonds euros qui affichent aujourd’hui 4,10 % bénéficient encore de réinvestissements effectués lorsque l’OAT 10 ans cotait au-dessus de 3,20 %. Dans douze mois, cette dynamique aura mécaniquement faibli. Les contrats qui maintiennent leur avance aujourd’hui sont ceux dont la poche immobilière ou la gestion active obligataire compensent l’érosion du rendement des emprunts d’État. Ce n’est plus un hasard si les trois fonds qui dépassent 3,50 % en 2025 intègrent tous une part significative d’actifs immobiliers ou de dette privée.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié (notaire, avocat fiscaliste, CGP) avant toute décision patrimoniale.
