PER et assurance-vie : la flat tax passe a 31,4 % pour les retraites en 2026

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La hausse de la CSG adoptée dans le budget 2026 frappe de plein fouet les plans d’épargne retraite, tandis que l’assurance-vie échappe à la ponction. Décryptage des nouveaux taux, des sorties gagnantes et des erreurs à éviter.

Depuis le 1er janvier 2026, le taux de prélèvement fiscal forfaitaire applicable aux versements et rentes issus des PER est passé de 30 % à 31,4 %. Cette hausse de 1,4 point concerne exclusivement la CSG, portée de 9,2 % à 10,6 % sur la plupart des revenus du patrimoine. L’assurance-vie, elle, reste intégralement exonérée de cette hausse. Une différence de traitement qui bouleverse les arbitrages entre ces deux enveloppes d’épargne longue.

Sur le terrain, cette divergence fiscale redessine les stratégies de sortie. Un épargnant qui déclenche une rente viagère sur son PER verra désormais 31,4 % de prélèvements sociaux et fiscaux ponctionnés sur la fraction imposable de sa rente, contre 17,2 % de prélèvements sociaux seulement pour une sortie en rente sur une assurance-vie de plus de 8 ans. Le calcul est vite fait : pour un même capital épargné, la rente nette finale peut varier de plusieurs centaines d’euros par mois selon l’enveloppe choisie.

Les nouveaux taux applicables en 2026 : PER et assurance-vie divergent

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a acté une hausse de la CSG sur les revenus du patrimoine. Selon les notaires de Paris, l’ensemble des placements voient leur prélèvement fiscal forfaitaire passer de 30 % à 31,4 %. Sont concernés : les livrets non réglementés, les comptes à terme, les versements et rentes relatifs aux PER, les gains et fermetures d’un PEA, l’épargne salariale, les cessions de valeurs mobilières, les rentes viagères à titre onéreux, les revenus LMNP et les gains de cession de crypto-monnaies hors cession professionnelle.

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En revanche, ne sont pas touchés par cette hausse : les revenus fonciers, les contrats d’assurance-vie et de capitalisation, les intérêts des CEL et des PEL ouverts jusqu’au 31 décembre 2017, ainsi que les primes et rentes viagères du PEP. Cette exemption de l’assurance-vie représente un avantage fiscal direct de 1,4 point sur les gains retirés. Pour un épargnant qui dispose de 200 000 euros de gains cumulés sur une assurance-vie de plus de 8 ans, cela représente une économie potentielle de 2 800 euros par rapport à un PER à capital équivalent.

Taux de prélèvement fiscal forfaitaire applicable aux retraits et rentes en 2026
Type de placement Taux PFU 2025 Taux PFU 2026 Évolution
PER (versements et rentes) 30 % 31,4 % +1,4 point
Assurance-vie (gains, contrats +8 ans) 17,2 % (PS uniquement) 17,2 % (PS uniquement) Inchangé
PEA (gains à la clôture) 30 % 31,4 % +1,4 point
Livrets non réglementés 30 % 31,4 % +1,4 point

Source : Notaires de Paris

La déductibilité partielle de la CSG à hauteur de 6,8 % reste inchangée pour tous les placements concernés. Cela signifie qu’une fraction de la CSG payée pourra être déduite du revenu imposable l’année suivante, atténuant légèrement l’impact de la hausse. Mais dans les faits, pour un épargnant non imposable ou faiblement imposé, cet avantage reste marginal.

Sortie en rente sur assurance-vie : une fiscalité avantageuse après 70 ans

Image : Freepik

L’assurance-vie conserve un atout majeur pour les sorties en rente viagère. Contrairement à la sortie en capital, où l’impôt frappe les gains en une seule fois, la rente est soumise chaque année à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux à 17,2 %, mais seulement sur une fraction du montant versé. Cette fraction imposable varie selon l’âge de l’assuré au moment du déclenchement de la rente.

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Selon le barème en vigueur, la rente est imposable à hauteur de 70 % de son montant si elle est déclenchée avant 50 ans, 50 % entre 50 et 59 ans, 40 % entre 60 et 69 ans, et 30 % à partir de 70 ans. Autrement dit, un épargnant qui convertit son assurance-vie en rente viagère après 70 ans ne paiera l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux que sur 30 % du montant annuel perçu. Le reste échappe totalement à la fiscalité.

Fraction imposable d’une rente viagère issue d’une assurance-vie selon l’âge
Âge au déclenchement de la rente Fraction imposable Fraction exonérée
Moins de 50 ans 70 % 30 %
De 50 à 59 ans 50 % 50 %
De 60 à 69 ans 40 % 60 %
70 ans et plus 30 % 70 %

Source : Capital.fr

Dans les faits, un rentier de 72 ans percevant 24 000 euros de rente annuelle ne sera imposé que sur 7 200 euros. Si son taux marginal d’imposition est de 30 %, l’impôt sur le revenu s’élèvera à 2 160 euros, auxquels s’ajoutent 1 238 euros de prélèvements sociaux sur la même base, soit une fiscalité totale de 3 398 euros, contre 16 800 euros bruts perçus, représentant un taux effectif de 14,2 % seulement. À comparer avec une sortie en rente sur un PER, où la fiscalité peut atteindre 31,4 % de la fraction imposable, selon les modalités de versement et l’âge de l’épargnant.

PER après 70 ans : la fin de la déduction fiscale des versements

Le budget 2026 acte une autre nouveauté fiscale qui concerne exclusivement le PER. Un amendement validé au Sénat prévoit la fin de la déduction des versements du revenu imposable à partir de 70 ans. Jusqu’en 2025, un épargnant pouvait continuer à alimenter son PER après 70 ans et bénéficier de la déduction fiscale de ses versements dans la limite du plafond disponible. Cette faculté disparaît en 2026.

L’objectif affiché par les sénateurs est de réorienter le PER vers son objectif initial de financement de la retraite, et non vers une utilisation comme outil de transmission patrimoniale. Dans les faits, cette mesure pénalise surtout les chefs d’entreprise et les professions libérales qui continuaient à travailler après 70 ans et utilisaient le PER pour optimiser leur revenu imposable en fin de carrière. Pour un médecin libéral de 72 ans imposé à 45 %, un versement de 30 000 euros sur un PER permettait jusqu’en 2025 d’économiser 13 500 euros d’impôt. En 2026, cet avantage disparaît totalement.

Cette restriction ne concerne que les versements volontaires effectués après 70 ans. Les versements réalisés avant cet âge restent intégralement déductibles, et les capitaux déjà épargnés sur le PER ne sont pas remis en cause. Mais la stratégie consistant à alimenter massivement son PER en fin de carrière pour lisser sa fiscalité devient caduque. L’assurance-vie, elle, reste entièrement libre de versement à tout âge, sans plafond et sans condition de déductibilité.

Les stratégies de sortie gagnantes en 2026

Image : Freepik

Face à ces nouvelles règles, plusieurs arbitrages deviennent prioritaires. Pour un épargnant de moins de 70 ans qui souhaite optimiser sa retraite, l’assurance-vie reprend un avantage décisif sur le PER en cas de sortie en rente. La différence de fiscalité entre les deux enveloppes peut représenter plusieurs milliers d’euros par an. Un épargnant de 65 ans qui dispose de 300 000 euros sur un PER et autant sur une assurance-vie aura intérêt à privilégier la sortie en rente sur l’assurance-vie pour maximiser sa rente nette.

Pour les épargnants de plus de 70 ans encore en activité, la priorité devient de basculer les versements vers l’assurance-vie plutôt que vers le PER. L’assurance-vie permet de continuer à épargner sans limite d’âge, tout en conservant une fiscalité attractive sur les rachats partiels après 8 ans. Les abattements annuels de 4 600 euros pour une personne seule et 9 200 euros pour un couple restent pleinement applicables, permettant de retirer régulièrement des gains sans fiscalité.

Autre levier à activer : la sortie en capital du PER avant 70 ans pour transférer les sommes vers une assurance-vie. Cette stratégie permet de sortir du PER avec la fiscalité applicable aux rachats, puis de réinvestir le capital net sur une assurance-vie pour bénéficier du régime fiscal plus favorable en cas de décès. Les capitaux versés sur une assurance-vie avant 70 ans bénéficient d’un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire en cas de décès, contre une imposition aux droits de succession pour les capitaux issus d’un PER.

Les erreurs à éviter absolument

La première erreur consiste à continuer d’alimenter un PER après 70 ans en pensant encore bénéficier de la déduction fiscale. Les versements effectués en 2026 après cet âge ne procureront aucun avantage fiscal immédiat, tout en restant bloqués jusqu’au départ effectif à la retraite ou jusqu’à un cas de déblocage anticipé. Mieux vaut rediriger ces versements vers une assurance-vie, plus souple et fiscalement avantageuse.

Deuxième piège : sous-estimer l’impact de la hausse de CSG sur les sorties en rente du PER. Un épargnant qui déclenchera sa rente en 2026 verra son taux de prélèvement passer de 30 % à 31,4 % sur la fraction imposable. Sur une rente brute de 30 000 euros par an, cela représente une ponction supplémentaire de 420 euros annuels. À l’échelle de 20 ans de retraite, la perte cumulée atteint 8 400 euros. Ce différentiel peut justifier de privilégier une sortie partielle en capital du PER pour réinvestir sur une assurance-vie avant le déclenchement de la rente.

Troisième erreur fréquente : négliger les abattements annuels de l’assurance-vie après 8 ans. Un épargnant qui dispose de gains importants sur un contrat ancien peut effectuer des rachats partiels réguliers en restant sous le seuil de 4 600 euros ou 9 200 euros de gains rachetés par an, échappant ainsi totalement à l’impôt sur le revenu. Ces retraits viennent alimenter la trésorerie sans ponction fiscale, contrairement à une rente viagère du PER qui sera systématiquement taxée chaque année.

Notre analyse : l’assurance-vie redevient l’enveloppe reine pour la retraite

Le budget 2026 marque un tournant dans la hiérarchie des produits d’épargne retraite. Le PER, lancé en grande pompe en 2019 comme l’outil universel de préparation de la retraite, perd deux de ses avantages structurels : la déduction fiscale après 70 ans et une fiscalité de sortie compétitive face à l’assurance-vie. La hausse de CSG à 31,4 % sur les rentes issues du PER creuse un écart de 14,2 points avec les prélèvements sociaux sur l’assurance-vie, resté à 17,2 %.

Cette divergence fiscale va mécaniquement réorienter les flux d’épargne vers l’assurance-vie pour les épargnants de plus de 60 ans. Les conseillers en gestion de patrimoine constatent déjà une accélération des demandes de sortie partielle en capital des PER, suivies d’un réinvestissement sur des contrats d’assurance-vie luxembourgeois ou français haut de gamme. L’objectif : bénéficier de la souplesse de gestion de l’assurance-vie, de sa fiscalité avantageuse en cas de décès et de la possibilité de sortir en rente après 70 ans avec seulement 30 % de la rente imposable.

Le PER conserve néanmoins un intérêt pour les actifs de moins de 60 ans fortement imposés. La déduction fiscale des versements reste pleinement opérationnelle avant 70 ans, permettant d’économiser jusqu’à 45 % d’impôt sur les versements pour un contribuable dans la tranche marginale supérieure. Mais pour les épargnants proches de la retraite ou déjà retraités, l’assurance-vie reprend la main. La combinaison d’une fiscalité de sortie plus douce, d’une liberté de versement totale et d’une transmission optimisée en fait l’enveloppe la plus performante pour structurer un complément de revenus à la retraite.

📌 À retenir

    • Le taux de prélèvement fiscal forfaitaire sur les rentes et versements du PER passe de 30 % à 31,4 % en 2026, contre 17,2 % de prélèvements sociaux seulement pour l’assurance-vie.
    • Les versements sur un PER après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable depuis le 1er janvier 2026, supprimant un levier fiscal majeur pour les actifs seniors.
    • Une sortie en rente viagère sur une assurance-vie déclenchée après 70 ans ne taxe que 30 % du montant annuel perçu, contre une imposition intégrale de la fraction imposable pour un PER.
    • Les abattements annuels de 4 600 euros (personne seule) ou 9 200 euros (couple) sur les gains rachetés d’une assurance-vie de plus de 8 ans restent pleinement applicables en 2026.
    • Privilégier une sortie partielle en capital du PER avant 70 ans pour réinvestir sur une assurance-vie permet de bénéficier d’une fiscalité successorale plus avantageuse.

🐦 Ce qu’en disent les experts

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Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié (notaire, avocat fiscaliste, CGP) avant toute décision patrimoniale.

Adrien
Adrien
Ingénieur financier et titulaire d’une maîtrise en finance de marché, Adrien Jozac suit le secteur de l’épargne à Patrimoine Magazine depuis 1998.

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