Patrimoine familial : vers une réforme pour protéger les ex-conjoints des dettes fiscales

Patrimoine familial : vers une réforme pour protéger les ex-conjoints des dettes fiscales

Fiscalité

La fiscalité post-divorce peut s’avérer extrêmement pénalisante, surtout pour les femmes. Un nouveau projet de loi vise à instaurer une justice patrimoniale plus équitable au sein des familles en cas de séparation. Cette législation pourrait bientôt offrir un répit aux ex-épouses victimes de l’endettement de leurs anciens partenaires.

L’objectif principal : une protection renforcée pour les ex-conjoints

Le projet de loi proposé par Hubert Ott entend rectifier une injustice prédominante, affectant principalement les femmes. Dans le cadre du régime matrimonial actuel, la solidarité fiscale impose que si l’un des conjoints contracte des dettes pendant le mariage, l’autre conjoint peut également être tenu responsable. Ce principe ne sera pas aboli, mais des modifications sont envisagées pour éviter que les ex-époux n’aient à supporter ces dettes après la séparation.

Une innovation législative attendue

Actuellement, les conditions pour obtenir une décharge de cette responsabilité fiscale ont été considérablement assouplies, mais elles restent insuffisantes. Selon un rapport de la commission des lois, seulement 40,8 % des demandes de décharge soumises à la DGFiP (Direction générale des finances publiques) ont été acceptées en 2022. Le nouveau texte de loi envisage l’instauration d’un mécanisme permettant aux ex-conjoints de prouver leur non-implication dans les dettes accumulées par leurs anciens partenaires.

Les implications de la nouvelle loi sur la vie des femmes

L’idée est de reconnaître les femmes comme des tiers en matière d’engagements financiers pris par leur ex-mari. Ainsi, si elles peuvent prouver qu’elles ignoraient des faits tels que des dettes de jeu ou des fraudes fiscales commises par leurs ex-partenaires, elles pourront être exonérées de ces responsabilités. Actuellement, ce statut de tiers est inaccessible pour les ex-époux ou ex-partenaire PACS.

L’application de cette nouvelle disposition devrait se concentrer notamment sur la mise à jour de la doctrine fiscale. Cette évolution viserait à définir clairement les recours permettant d’être reconnu comme tiers avec une procédure simplifiée, rendant ainsi les demandes de grâce plus accessibles et susceptibles d’aboutir positivement.

Réactions des associations et perspectives futures

Le Collectif des Femmes Divorcées Victimes de la Solidarité Fiscale confirme que dans 90 % des cas, ce sont les femmes qui se retrouvent à devoir payer seules les dettes fiscales de leurs ex-marits. Bien que cette réforme soit perçue comme un progrès significatif, certains membres du collectif regrettent qu’il ne s’agisse pas d’une refonte complète du système de décharge fiscale.

Mécanismes facilités pour la décharge de solidarité fiscale

  • Reconnaissance comme tiers : Les demandeurs pourront désormais être reconnus comme tiers par Bercy, facilitant ainsi la décharge solidaire.
  • Remboursement des sommes payées : Une autre nouveauté consiste en le remboursement des montants déjà versés par les contribuables dès lors qu’une décharge est accordée.
  • Critères d’éligibilité clarifiés : La disproportion marquée entre le montant dû et la situation financière du demandeur restera un critère, mais il sera plus encadré et transparent.

Ces mesures représentent une avancée majeure pour les victimes de solidarité fiscale, car elles assouplissent les critères et augmentent les chances d’obtenir une décharge.

Afin de garantir l’efficacité et l’application immédiate de cette loi, le ministre des Comptes publics, Thomas Cazenave, a promis de faire évoluer la doctrine fiscale avec la rédaction de nouvelles directives dans le Bulletin officiel des finances publiques avant l’été.

Une étape supplémentaire pour la justice patrimoniale

Bien qu’elle ne constitue pas une révolution totale, cette réforme marque une avancée essentielle en faveur des victimes de défaillances fiscales imputées indûment, souvent des femmes. En suivant la mise en œuvre et l’application de cette nouvelle loi, on pourra évaluer son impact réel sur l’allègement des charges financières injustement portées par les ex-conjoints.

En définitive, l’adoption de cette mesure traduit une prise de conscience croissante des autorités concernant les inégalités significatives auxquelles sont confrontées les femmes dans le cadre fiscal post-divorce. Nous nous dirigerons sans doute vers des ajustements supplémentaires nécessaires pour parfaire cette approche juridique et sociale.